Un train pas comme les autres – par Margot

Maman nous raconte souvent les reportages qu’elle a vu quand elle était petite sur les trains étonnants du Monde. Nous avons déjà eu l’occasion de faire une grande traversée en Inde, celle que nous faisons aujourd’hui est aussi magnifique… il s’agit de la liaison entre Oruro et Uyuni… Enfin, à la base, nous devons aller jusque Tupiza à l’extrême sud de la Bolivie, mais les récentes inondations auront raison de notre trajet.

Nous avons fait un détour de dingue pour aller prendre ce train, nous partons en bus de nuit de Sucre pour joindre Oruro. Bon, à Oruro, y’a rien de chez rien à faire. Enfin si, la semaine passée, il y avait le Carnaval, mais là, on arrive à 5h du matin dans la ville et nous sommes des zombies qui cherchent un endroit pour se poser avant le train qui nous attend à 14h30. Nous avons nos billets de train, ça a déjà été une aventure pour les réserver en ligne, Maman a de moins en moins de cheveux.

Donc, on arrive au petit matin à Oruro, le chauffeur de bus nous jette sur le parking de la gare routière sans se soucier que nous venons juste de nous réveiller. La gare routière, contrairement aux autres gares que nous aurons sur notre parcours se trouve à l’extérieur de la ville. Quand nous arrivons péniblement dans le hall, nous entendons les dames crier « Cochabamba, Sucre, Uyuni…. »… Nous nous disons que nous ne pouvons pas finir la nuit ici, il y a bien trop de bruit.

On utilise donc la technique du touriste avec enfants… On va squatter le hall d’un hôtel plutôt classe (enfin, nous sommes à Oruro, donc classe…). On se présente à 6h du matin, en demandant à prendre un petit déjeuner, mais celui ci n’ouvre qu’à 7h30, on fera donc les clochards dans le hall de l’hôtel… D’ordinaire on aurait un peu honte, mais avec le voyage, on est devenus très très détendus… (C’est surtout les parents qui le disent!).

Le petit déjeuner ouvre enfin, nous voilà sous la coupole, il y a beaucoup de bonnes choses, nous allons pouvoir rester un moment le temps de tout gouter. On fera même classe là bas avant de se faire mettre dehors… Faire l’ouverture et le fermeture du petit déjeuner, cela ne nous était encore jamais arrivé.

 

Nous prenons ensuite la direction de la gare pour valider que nos billets sont bons, et que le train part à l’heure. Le guichetier nous confirme que tout va bien, il propose de garder nos bagages jusqu’au départ. Nous continuons notre visite de la ville beaucoup plus légers. Pour la visite de la ville, nous n’avons plus que deux heures devant nous, ce sera donc le marché central, la Plazza de Armas et la recherche désespérée de distributeurs. Faut que je vous dise, la Bolivie, c’est l’horreur pour retirer de l’argent, tout se paye en liquide et nous sommes limités pour retirer, il faut aller au crache-sous souvent souvent. Et les tirettes n’ont pas de grande quantité de billets, donc c’est vraiment souvent souvent.

On déjeunera en ville, puis nous irons prendre LE train.

La ligne que nous faisons est spéciale, c’est une des rares liaisons qui coûtent moins cher en train qu’en bus. On va mettre 7heures pour faire 314 kilomètres. Ce train est très connu, car il ne reste plus que deux liaisons en Bolivie depuis que les trains ont été privatisés il y a une vingtaine d’années. C’est dommage car les lignes sillonnaient tout le pays et on devait voir des paysages incroyables. Les liaisons se font maintenant en bus, c’est long, moins confortable, beaucoup plus dangereux et bien moins écolo!

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On monte dans le train, libres de bagages qui voyagent dans la soute à coté. Notre wagon est assez bondé, alors que le wagon d’à coté qui ne transporte que des Boliviens est plutôt vide. Les voyageurs voyagent entre eux, et les locaux à part, c’est étonnant.

Durant le trajet, nous avons de superbes paysages, à commencer par la sortie d’Oruro où nous traversons une lagune asséchée. Seuls les rails et le train quotidien dérangent les flamands roses et les lamas. Mais comme le train traverse leur terrain de jeu, nous pouvons les observer au plus près.

 

Nous sommes au coeur de l’Altiplano, un des plateaux les plus hauts du Monde, juste à l’est de la Cordillère des Andes qu’on voit au loin. Le train traverse des villages abandonnés, il ne reste que quelques lamas, qui ont l’air bienheureux au grand air. Ils sont sauvages ceux ci, ils n’ont pas de pompons pour savoir à qui ils appartiennent.

 

En fin de journée, les parents nous ont fait la surprise du dîner dans le train, alors que le matin, ils nous ont dit qu’on ne dinerait qu’en arrivant à Uyuni, imaginez la tête de Louison, dîner à 22h… Impensable!

Pour aller au wagon restaurant, il a fallu traverser le train, on a pu jouer au surfeur de l’extreme, on tient tous de plus en plus longtemps. On bat Maman maintenant, pour battre Papa, il nous faut encore de grandes heures d’entraînement.

 

Pendant le dîner, nous avons vu encore un très joli coucher de soleil sur les montagnes aux alentours. Nous avons de la chance quand même, cette ligne est une des rares rescapées… Qui sait si dans quelques années, elle existera encore…

Nous arriverons à Uyuni à 21h30, bien trop tard pour avoir un bus qui nous emmène jusque Tupiza pour retrouver nos copains voyageurs (les5boutsduMonde)… ce sera donc un taxi en pleine nuit… Dès demain, nous commençons notre road-trip avec eux dans le Sud Lipez… Ca promet encore de belles images et de beaux souvenirs.

 

 

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