Sud Lipez – Le mirage bolivien

Le Sud Lipez, nid de nature perché dans les Montagnes entre la Bolivie et le Chili… La région se visite essentiellement en tour organisé, généralement en 4×4. La région présente une densité de 0,4 habitants au km²… Et il y a beaucoup de kilomètres carrés… La région est tellement immense que, quand bien même les agences font partir plusieurs véhicules par jour, on se sentira souvent bien seuls au Monde… Parfait pour apprécier la majesté des lieux.

Quitte à en voir, nous allons en voir, nous ferons le GRAND TOUR, celui qui permet de voir tous les grands lacs. Nous partirons de Tupiza, au Sud de la Bolivie, et nous ferons une boucle quand la grande partie des voyageurs repassent sur leurs pas (enfin, sur leurs traces).

Nous aurons comme chauffeur, Farnon, et comme cuisinière Martha. Et nous aurons surtout comme compagnons de route Erica, Koen, Eliott, Loan en Nathan (Les 5boutsdumonde). Quand le courant passe, le temps passe très vite. Nous les avions quitté après Valparaiso, eux partant en Argentine, et nous retournions vers Santiago. C’est une surprise pour leurs enfants quand on se retrouve au matin du grand départ… Chaque famille sa voiture et son chauffeur (Victor Hugo, sans blague pour eux), et en route!

JOUR 1 : Les hauts plateaux, les cités fantômes… Prologue tout en douceur

Nous quittons Tupiza au petit matin, en direction du Sud, les bruits dans les 4×4 ne nous rassurent pas des masses, mais au premier arrêt, Farnon est rassurant… deux coups de marteau dans les amortisseurs, et c’est reparti! Il a l’air de maîtriser son sujet, c’est mieux!

Le premier arrêt est déjà hyper spectaculaire, « Rochahuasi, le rocher à dos de cheval », nous sommes sur une arête de montagne, les dénivelés sont impressionnants d’un coté comme de l’autre… Et la vue…

Quelques kilomètres plus loin, une fois que nous avons atteint les hauts plateaux, une pause s’impose… Et comme la route va encore être longue après, on laisse les enfants se dégourdir les jambes au milieu des lamas. Une petite collation pour les enfants, et pour nous des boulettes de maîs au lama… Annoncé comme ca, ca ne donne pas très envie mais c’est pourtant très délicieux, en plus d’être extrêmement nutritif… Nos estomacs sont accrochés pour les deux heures de « ripio ».

Pour le déjeuner, nous arrivons dans un village perché dans la montagne, il n’y a que quelques maisons, les enfants sont cependant contents d’y trouver une école. C’est toujours assez amusant de voir à quel point ils sont heureux de se réasseoir sur des bancs quand les bancs du camping-car n’ont pas vraiment le même succès.

Le déjeuner bien complet, nous pouvons faire une petite sieste. Nous avons beau être en 4×4 sur des routes improbables, toute la famille pique un petit roupillon… Et au réveil, la géographie a bien changé. Nous voilà au milieu de cathédrales de sable. Ce qui est rigolo avec les cathédrales comme celles ci, c’est comme avec les nuages, chacun y va de son imagination. Pour certains, les cavités ressemblent à un ange, à un monastère…

Le site est immense, il mérite deux bonnes heures pour en faire le tour. Pour les enfants, ce sera une partie de « cache cache » géant. Et pour les parents qui leur courent après, ce sera ‘spéléo’ pour les retrouver. Ils sont fins et sveltes les bougres, en revanche, nous…

La première journée se clôturera avec la visite d’un ancien village Quechua « Pueblo Fantasma » (ville fantôme) – perché dans les collines. Le village a été abandonné rapidement au XVIIème siècle, bien que les Espagnols aient souhaité y continuer l’exploitation minière. La terre a grondé, les habitants ont fui. Nous sommes à 4690 mètres d’altitude. Nous visitons au ralenti. Les constructions sont encore en excellent état. On peut même descendre dans la mine à la frontale… Oui oui, c’est ça… le sol est glissant, donc on ne s’y risque pas. Nous croiserons les derniers habitants, des lapins Chinchilla, à mi chemin entre le lapin et l’écureuil.

Avant de rejoindre notre village pour la nuit, nous avons droit à un superbe couché de soleil à plus de 4500 mètres d’altitude, puis nous passerons « Le » col le plus haut du séjour. Au delà du Mont Blanc!

JOUR 2 : Les lagunes, sources, geysers… De l’eau et de la vapeur!

C’est aujourd’hui que nous serons le plus au sud du Sud Lipez. Nous continuons la route pour atteindre les lagunes à quelques kilomètres de la frontière avec le Chili.Sur notre route, nos plus grands amis sont les lamas, parés de mille pompons… Nous ne lassons pas de les regarder, d’essayer de les voir décrocher un sourire. C’est malheureusement peine perdue.
Nous n’aurons pas de photos de vicognes, elles sont pourtant très jolies, mais tellement sauvages.

LAMAS

Notre premier arret sera à la laguna Azzura, malheureusement très polluée avec les détergents déversés par les habitants – sans connaitre leur nocivité -. Seuls quelques flamands roses y vivent.. L’occasion pour Amélie de nous faire apprécier ces talents d’imitation de ces « phonicopteriformes ».

Ensuite, nous irons saluer le volcan Licancabur qui culmine à 5920m. Il est la frontière naturelle avec le Chili, nous sommes donc au bout de la route… Ce volcan veille sur la Laguna Blanca, et sur sa copine la Laguna Verde. La couleur verte de l’eau de la laguna Verde provient d’une forte concentration de cuivre dans ses sédiments. Son eau contient également d’autres minéraux tels que du magnésium et de l’arsenic. On ne s’approche donc pas beaucoup.

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En remontant, nous traverserons le désert de Dali. Il doit son appellation à ses crêtes montagneuses arides et à ses vastes étendues de cailloutis aux tons ocre clair, parsemées de rochers isolés, qui évoquent curieusement les paysages que le peintre Salvador Dalia fait figurer en arrière-plan d’un grand nombre de ses compositions.

En fin de matinée, nous piquerons une petite tête dans les bains des sources chaudes. L’eau est aux alentours de 40 degrés, la température extérieure à 15…. Ça fume, ça fume…

21 - Thermal

Nous ferons encore une fois une petite sieste post-déjeuner… Il faut avouer que Martha met du coeur à l’ouvrage pour que nos assiettes soient bien garnies. Direction les geysers « Sol de Manana »…

C’est très impressionnant de vivre cela d’aussi près, très inconscient aussi, nous apprendrons le soir qu’un touriste japonais est décédé là bas la semaine passée en glissant. Nous laissons jouer les enfants de façon un peu inconsciente au milieu des fumerolles. En Nouvelle-Zélande, nous avions le même type de paysage mais de façon très encadrée. Ici, on sent réellement la Terre vivante sous ses pieds.

On pensait avoir atteint le summun de la journée… Chaque arrêt donne son lot de bonnes « claques de nature ». Comment peut on avoir un paysage aussi divers, de la végétation aussi variée à plus de 4000 mètres, comment font ils pour vivre ici… Tant de questions qu’on se pose entre adultes dans notre bolide… Hé oui, Victor Hugo, l’autre chauffeur a décidé de prendre tous les enfants. C’est la colonie de vacances dans la voiture, musique à fond, « Despacito, Vamos a la Playa… »

Et d’un coup.. Elle apparût. C’était elle le clou du spectacle de la journée. La Laguna Colorada. La coloration rouge de ses eaux est due à des sédiments de couleur rouge et aux pigments de certains types d’algues qui y vivent. Les tons de l’eau vont des nuances marron jusqu’aux rouges intenses. Le lac fait 60 kilomètres carrés, il se remarque de loin, il fait en outre 35cm de profondeur, le paradis des flamands roses.

Sur la route, avec ces belles images, on demande avec nos yeux de chat à Farnon et Victor de s’arrêter pour le coucher de soleil, nous avons très envie d’un stop apéro. Ni une, ni deux, un coup de frein à main, on sort les verres à pied, et Bam « Apéro coucher de soleil… ». A la nôtre!

JOUR 3 : Les Canyons, de la verdure… L’hôtel de sel, et le premier mirage…

Nous venons de passer notre deuxième nuit chez l’habitant dans un confort que nous qualifierons de spartiate. Mais bon, les journées sont telles qu’on s’endort assez facilement, et cela fait partie de l’aventure. Les enfants sont bien reposés, nous les envoyons sur la route pendant que nous terminons de charger les voitures.

Nous les retrouverons bien vite, puis nous rejoindrons la « Copa del Mondo », cette roche qui ressemble – de loin, on va se l’avouer – à la récompense ultime des sélections nationales de football. Les perspectives permettent déjà de faire des photos rigolotes, Farnon s’essaye à nous porter tous. Ils sont super à l’aise les guides, ils connaissent les meilleurs points de vue, et savent surtout cacher les autres voyageurs. A ce stade, nous commençons à avoir du monde à nos cotés, il est fréquent de croiser des bus, nous nous rapprochons d’Uyuni, et de sa foule.

Après la coupe du Monde, vient le chameau. Il n’en faut pas beaucoup aux enfants pour trouver des ressources pour monter à 6 dessus… Avec Victor en prime!

Dans la foulée, nous rejoindrons les roches de « l’Italie Perdue », en effet, certaines formations ressemblent aux théâtres romains, mais une fois de plus, il faut de l’imagination. Les deux familles font un tout petit peu d’escalade pour rejoindre l’œil de la roche, à 12 mètres quand même!

Bien confiants sur la capacité de nos enfants à être en hauteur, sans aucune sécurité, nous sommes donc très sereins (ironie) quand on les emmène ensuite au Canyon de l’Anaconda. Encore une fois, soyons imaginatifs, la rivière en -très- contre-bas serpente au fond de la vallée, et comme elle est assez verte… on dirait un Anaconda.

C’est haut, un peu trop d’ailleurs, nous nous sentons beaucoup plus à l’aise un peu plus loin dans le Canyon du Condor. Nous n’y verrons aucun rapace, mais nous aurons plaisir à profiter, comme les lamas de cette oasis de verdure et d’eau entre les roches. C’est un théâtre superbe.

Sortons cependant un peu des clichés jolis, nous avons trouvé beaucoup de plastique et de déchets dans cette jolie prairie. On ramassera, les enfants feront ainsi le #definature. Nous sommes désolés autant qu’eux de voir des bébés lamas mâcher du plastique ou du polystyrène. On a beau en avoir vu des décharges à ciel ouvert depuis notre départ, nous ne nous résignons pas, et encore moins dans des lieux comme celui-ci.

Nous arrivons ensuite dans la ville de San Cristobal, pour rejoindre Uyuni en fin de journée et ne pas louper le coucher de soleil. Victor est parti pleine balle avec les enfants, notre route avec Farnon est beaucoup plus paisible. Nous retrouverons le gros de la troupe dans l’hôtel de sel qui sera notre refuge pour la nuit. Et comme on s’aime bien avec les copains, on fera chambre commune… Ça crée des liens le Salar!

Nous sommes aux portes de ce géant de sel, pas moins de 10000 km², des dizaines de 4×4, et pourtant… Quand nous nous posons pour cet ultime verre de l’amitié, nous sommes seuls au Monde.

L’émotion nous gagne, Dieu que c’est beau! On ne peut que se taire devant autant de beauté, on se dit encore et encore que bien que nous ayons déjà vu de belles, de très très belles choses, ce coucher de soleil doit être une voire la plus belle émotion que la Nature nous ait offert.

C’est cela le mirage bolivien, des photos du Salar, tout le monde en a vu. Le voir, le vivre, on se demande encore si tout cela était réel.

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JOUR 4 : Lever de soleil, sel à perte de vue et prises de vues

Pour ce dernier jour, le réveil est très très matinal, il nous faut être avant les premiers rayons sur le géant de sel. Nous faisons un peu moins les malins qu’hier. Avant que le soleil ne pointe le bout de nez, il fait frisquet frisquet… Et nous sommes encore en période humide, donc il reste une fine couche d’eau, celle ci est gelée… et nos pieds aussi par la même occasion.

L’illusion est souvent parfaite, heureusement qu’on se rappelle dans quel sens les photos ont été prises…. Nous sommes comme elles, sans dessus-dessous!

L’heure a tourné, les estomacs crient famine… L’heure du petit déjeuner approche. Nous le prendrons dans le premier hôtel de sel. Celui qui jouxte la statue du Dakar érigée quand celui ci a traversé le Salar, cela devait être quelque chose!

Pour le reste de la matinée, ce sera « photos & vidéos rigolotes » dans la perspective qu’offre le Salar et foot avec nos copains les chauffeurs. Personne ne démérite et pourtant nous sommes à haute altitude!

Nous terminerons le tour par le cimetière des trains d’Uyuni, pas l’attraction la plus sympathique, certainement car nous y sommes en pleine journée et que nos corps sont bien fatigués. La mesure du lieu et son étrangeté doivent être mieux mises en avant au lever ou coucher de soleil.

Voilà, le Sud Lipez, et le Salar c’est fini. On a une forte pensée pour notre Poupoule qu’on aurait aimé avoir avec nous, on fera un photo-montage…

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On remercie chaleureusement Karen, Martha, Farnon et Victor Hugo qui nous ont supporté 96 heures… avec beaucoup de patience et d’humour.

Et on remercie aussi nos amis les 5 Bouts du Monde avec qui nous avons vécu ce trip, le voyage crée de beaux liens. Grâce à eux, on a pu graver Uyuni… dans le sel et dans nos mémoires.

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