De la Perse à l’Iran

Nous y voilà, nous y sommes! En Iran, pays qu’Amélie a tant rêvé, pays qui nous attire terriblement, sans que nous sachions vraiment pourquoi, sans savoir en expliquer les raisons.

Nous passons la frontière un dimanche, une sacrée expérience… Déjà, les rabatteurs depuis la Turquie qui nous proposent du change. Il faut dire que dans deux jours, c’est le début de l’embargo instauré par les USA

, donc forcément les Turcs et Iraniens ont très très envie d’avoir des devises étrangères… et ils les payent cher !

Bon, on devient millionnaire assez rapidement… En Rials iraniens, on est d’accord mais bon millionnaires quand même et on ne boude pas notre plaisir. Il faut en outre qu’on prévoit large sans connaitre le coût de la vie car impossible d’utiliser notre CB là-bas, il faut un compte en banque iranien. On prévoit l’équivalent de 1300 €, pensant qu’on sera juste… In fine, on sera tout-pile pour 3 semaines. (Pour vivre à 5 pendant 3 semaines, ce n’est pas beaucoup).

Une fois le premier sas passé, nous sommes séparés. Fred part avec Poupoule pour le fameux carnet de passage et Amélie se retrouve seule avec les enfants au milieu des Turcs. Tout le monde voyage juste avec un sac plastique, pas même une valise… C’est assez étonnant de se retrouver dans cette foule d’hommes, ils sont au moins 200. Une famille qui traverse, ils ne doivent pas en voir tous les jours. Ils nous prennent en photo discrètement, enfin pas assez pour qu’on les remarque mais on ne dit rien. Les douaniers sont assez sympas, ils font rire les enfants, nous les avions briefés au préalable pour qu’ils soient bon public.

Une fois la Turquie officiellement quittée, nous arrivons dans la zone Duty Free (12 m² à tout casser)… Comment dire, cela se résume à de la confiture, des loukoums et des cigarettes. C’est là qu’on se rend compte que sans les rayons alcools de nos aéroports, il n’y aurait plus de Duty Free non plus !

Bon, on ne fait pas de grandes emplettes, en fait, pas d’emplettes du tout. Amélie a hâte de retrouver son homme et les enfants aussi ! On passe donc le grillage entre les deux pays, puis nous voilà en Iran ! Plus de retour possible. C’est non sans une certaine émotion qu’Amélie présente son fameux visa aux douaniers Iraniens, un rêve qui devient réalité. Et cette réalité, elle espère juste que Fred la partage aussi, ce serait dommage de se retrouver Maman solo en Iran si Fred et Poupoule ne peuvent avoir eux aussi le fameux sésame d’entrée.

Une fois dehors, la foule des taxis, des bus, des entremetteurs qui tournent autour de nous. Un militaire vient à notre rescousse, repousse les pseudo-assaillants, et là, ça commence : « Where do you come from ??? Ah, France ??? Thank you and Welcome to my country ». On dit « ça commence » car on ne sera plus en mesure au bout de quelques heures de compter combien de fois nous entendrons cette phrase. On nous avait décrit les Iraniens comme étant accueillants, on ne pensait pas prendre une claque aussi importante aussi vite ! L’hospitalité iranienne est un sujet sur lequel nous reviendrons car çela vaut un billet en soi !

On récupère Fred, qui s’est fait des potes… enfin, des potes, des entremetteurs qui visitent assez succinctement Poupoule, plus par curiosité que par envie de trouver des marchandises interdites. On avait pourtant passé quelques minutes à cacher l’Ouzo… mais chut…

On pense pouvoir partir, mais non, pas tout de suite, donc on commence à cuisiner dans Poupoule. Les filles sont un peu malades, un coup de chaud certainement, ou petite gastro. Elles sont un peu faibles toutes les deux, on a juste envie de se poser entre nous, de se gérer tout seuls.

La spécificité de l’Iran est qu’on doit s’assurer dans le pays pour la durée du séjour. (On saura après coup que ce n’était pas nécessaire, nous étions dans les 90 premiers jours de notre voyage). Mais cela ne se fait pas en douane, cela se fait plus loin. Arrivent alors dans Poupoule nos deux entremetteurs qui intiment à Fred de prendre la route de suite pour aller vers le bureau de l’Assurance à 2 km…. On démarre en trombe, avec encore une casserole sur le feu… Ça commence bien, on se dit déjà que ce pays va être Rock&Roll. Au bureau de l’assurance, Fred se retrouve encore une fois seul, avec le choix de signer un contrat écrit intégralement en farsi… Good Luck ! Et avec un agent d’assurances qui ne parle pas un mot d’anglais – Re-GoodLuck- !

Finalement, les entremetteurs nous aident un peu, on paye le contrat pour 45 jours, comme nous avons un visa de 60 jours, on se dit qu’être large en timing peut être sympa.

Une fois toutes ces péripéties passées, nous prenons la route en direction de Tabriz, la première grande ville que nous souhaitons visiter. Avec le décalage horaire et le stress de la journée, nous décidons de nous arrêter en pleine campagne, non loin de la Nationale pour pouvoir reprendre le chemin le lendemain. Margot est de plus en plus malade, elle est fiévreuse… Flûte ! Louison a été un peu malade les derniers jours de Turquie, là c’est Margot qui enchaîne… Pas cool. Avoir un enfant malade chez soi, c’est casse pieds, mais ça passe. Là, devoir gérer des reflux dans 4 m², sous un soleil de plomb, dans un nouveau pays dont on ne comprend pas la langue … pas cool du tout.

Les premiers Iraniens commencent à venir toquer à la porte, en nous expliquant que rester où nous sommes ce n’est pas bien, ils nous invitent chez eux. On va avouer que nous ne sommes pas très sympas ce soir-là, nous sommes fatigués, peu enclins à lancer la conversation dans une langue que nous découvrons. On refuse très poliment chaque invitation, mais ils reviennent à la charge, avec de la nourriture pour nous… Avouons que c’est hyper sympa de leur part !

Notre première nuit se passe, tant bien que mal, Margot est de plus en plus souffrante. On la rassure un peu, lui disant qu’on l’emmènera voir un docteur dès le matin. Au réveil, elle nous réclame un médecin, on s’exécute. Nous voilà donc en route pour Showt, à quelques kilomètres de là où nous sommes, Showt est une ville de taille moyenne mais avec quand même trois hôpitaux – du moins selon la carte -. Amélie est copilote, d’ordinaire cool, mais là un peu stressée… donc elle indique un peu trop tôt à Fred qu’il faut tourner à droite… et on se retrouve avec notre Poupoule dans un lotissement où des Iraniens nous regardent arriver avec stupeur.

Ni une, ni deux, un Iranien du nom de Saber s’approche de nous, nous demande où nous allons en farsi, et nous ne savons répondre que « hospital »… Il monte alors en voiture et nous guide jusqu’à l’établissement de soins. A notre échelle de Français, on parlera plutôt d’un centre de soins, mais tout y est : Urgences, Radiologie, Pharmacie, …. Les premiers soins peuvent être réalisés sans encombre.

Comme nous ne comprenons rien de chez rien, Saber nous guide. Nous devons payer l’admission de Margot, l’équivalent d’un euro et 80 centimes… Oui, oui, vous avez bien lu ! Et nous avons rendez-vous dans la seconde avec un médecin urgentiste qui examine Margot, nous donne une ordonnance et nous demande de nous rendre à la pharmacie de l’hôpital pour acheter les médicaments et revenir la voir. Nous nous exécutons, la note est salée : 3,2 € pour 3 médicaments. Tous les packagings sont en farsi, on ne connait pas les doses à administrer, ça va être simple cette histoire…. Margot est emmenée dans un box, on lui fait une piqure… ne nous demandez pas de quoi, on ne sait pas…. Mais elle va de suite mieux. Saber nous explique que Margot doit prendre ses médicaments, et qu’elle doit revenir 7 heures plus tard à l’hôpital. Il nous emmène alors chez lui pour patienter. En fait, on se laisse complètement porter, sans vraiment se rendre compte. Mais nous avons une bonne étoile, et Saber est un vrai sauveur pour nous. Nous arrivons chez lui, et on nous « ordonne » de nous relaxer. On nous offre le thé, le déjeuner, tout ça pour attendre 19h et retourner à l’hôpital. Toute la famille de Saber se joint à nous, en moins d’une heure, nous voilà déjà à 12 dans l’appartement familial. Les échanges sont cocasses, mais merci Google Translate… on rigole beaucoup avec eux.

Amélie s’éclate à parler chiffons et coiffure avec les femmes quand Fred regarde le père de Saber réparer une vieille automobile anglaise. On y reviendra, mais les véhicules en Iran et la conduite, c’est quand même tout un poème….

Le soir, nous sommes reçus par Atefe et Mehdi et toute leur famille. Amélie prépare deux gâteaux dans Poupoule, cela ne se fait pas d’arriver les mains vides. Au gré des arrivées, nous faisons connaissance avec le beau-père, la belle-mère, le frère, le cousin, les enfants… en un rien de temps, nous voilà 15 à table. Les discussions vont bon train, avec en ligne de fond « est-ce que vous vous sentez bien en Iran ? Que pensent les Européens de nous ? ». Les questions sont légitimes mais elles nous étonnent. En fait, ils pensent qu’ils sont vus en dehors de leurs frontières comme des mauvaises personnes, qu’ils ont mauvaise presse. On essaie de leur expliquer que ce n’est pas le cas, que nous entendons parler des dissensions avec les USA, mais qu’en aucun cas les Iraniens sont vus comme des personnes à craindre. A ce moment-là, on note la limite des traductions GoogleTrad, pour les expressions du quotidien c’est super, mais argumenter et avoir une finesse de discussion, c’est plus compliqué.

La journée a été assez éprouvante pour nous tous, entre Margot qui va un peu mieux, les enfants qui ont joué toute la journée et nous qui avons réfléchi à nos mots, tout le monde est cassé. Le sommeil se fait sentir. Nous refusons une fois de plus le gîte, nous avons déjà profité deux fois du couvert et nous nous lovons dans notre Poupoule garée non loin de notre point de rencontre avec Saber le matin. La police viendra nous demander de nous déplacer de quelques mètres « pour notre sécurité ». Nous nous exécuterons et partirons le lendemain à l’aube en direction de Tabriz, première grande étape de notre séjour.

Fred prend la route au petit matin quand bien même nous n’avons pas de planning. Une fois arrêtés pour le petit déjeuner, on se concentre un peu sur ce qu’on va faire à Tabriz. Tabriz est la capitale de la province de l’Azerbaïdjan oriental, c’est une grande ville secondaire du pays. Beaucoup d’Arméniens et de Turcs y ont élu domicile. Tabriz a eu un essor incroyable au moment des traversées de marchands sur les routes de la Soie car elle se situait à mi-chemin de la route. En résulte son magnifique bazar, classé au patrimoine de l’Unesco, le plus vieux du monde.

Nous arrivons en ville à l’heure du déjeuner, et nous retrouvons une foule sur la route et des embouteillages, ce que nous avions oublié depuis le début du voyage. Nous nous rendons aussi rapidement compte qu’en Iran, s’arrêter pour casser la croute en terrasse, c’est mission impossible. Effectivement, peu de terrasses, peu de restauration de rue, tout le monde se met à l’abri dans des lieux climatisés, ça va nous changer, nous qui avons vécu depuis le départ dehors tous les jours.

Nous déambulons dans le dédale du bazar de Tabriz, on y trouve de tout : du thé, des épices, des culottes, des voiles, des casseroles en cuivre, des tapis, des jouets pour enfants, des poussettes….Un vrai bazar !

Nous nous faisons emmener au restaurant du bazar pour un déjeuner typique iranien : du Kobideh (brochette d’agneau mixée aux herbes), du riz et des tomates rôties. Le tout servi avec un yaourt à l’eau salée – Miam !!!. Nous aurons l’impression que nous sommes passés 4 fois au même endroit, mais en fait non. Impossible de savoir si nous sommes au Nord, au Sud, au milieu ou en bord de bazar… on a plaisir à se perdre et à être perdus.

Le soir, nous trouvons un bon endroit pour nous reposer, nous y resterons deux nuits. En effet, en Iran, comme peu de personnes ont des jardins et que les espaces verts sont compliqués à fabriquer et à entretenir, la quasi-totalité des villes se dote d’espaces de camping gratuit, avec verdure, lavabos, douches, toilettes. Nous y trouverons des Iraniens du Sud qui viennent chercher de la fraicheur dans le Nord. Chez eux en ce moment, il fait plus de 45°, donc à Tabriz, à 35°, ils se sentent mieux.

Nous rencontrons Nozani (Nous ne sommes pas sûrs de l’orthographe du prénom malheureusement), charmante jeune fille originaire de Chiraz qui est fan de football. Elle veut d’ailleurs est footballeuse professionelle. Le langage du football est universel, elle embarque Gaspard, Fred et Margot dans un match. Louison sachant compter en persan, elle annoncera les scores. C’est une soirée hyper sympa, nous sommes ravis de rester deux jours.

Le lendemain, nous nous laissons prendre par le pseudo prof d’anglais qui est sur le site soit disant pour nous aider nous les étrangers. Nous nous rendons vite compte que c’est en fait un guide, mais nous jouons le jeu, il nous emmène à la boutique pour avoir une carte SIM, puis dans un restaurant, puis à la mosquée bleue de Tabriz. Celle-ci est réellement magnifique, elle accueillait jusque 20000 fidèles lors de la prière du vendredi. Elle a été partiellement détruite par un tremblement de terre il y a quelques 200 ans, mais a été reconstruite à l’identique sur les conseils d’un architecte français.

Le lieu est très paisible, nous pourrions y rester des heures.

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Amélie discute au coeur de la mosquée avec un étudiant en médecine germano-iranien en stage à l’hôpital de Tabriz pour l’été. 

C’est lors de cette visite que nous découvrons que nous allons être des « porte-monnaie touristiques », en effet, pour toutes les visites que nous ferons, nous payerons un prix d’étranger soit aux alentours de 200000 rials pour nous les adultes (3 €), gratuit pour les enfants, quand les ressortissants iraniens payeront à peine 30000 – soit en moyenne 6 fois moins. Ce n’est pas le montant en soi qui nous choque, mais le fait de faire payer plus cher les étrangers. Même les Franco-Iraniens que nous rencontrerons nous diront que s’ils ne demandent pas un ticket en farsi, ils payeront le prix fort. Une drôle de conception du tourisme, mais soit, c’est aussi ça le voyage.

Les adieux avec les enfants rencontrés au camping de Tabriz sont longs, il n’aura fallu que quelques heures pour que chacun s’attache. Nous laissons des Tours Eiffel et des photos Pola en souvenir. Le début de la route, les enfants sont silencieux, ils n’ont aucune envie d’aller visiter Takht-e Souleyman, d’autant plus que la route va être longue, très longue… On arrivera la nuit tombée, en ayant passé les 50 degrés et les 2700 mètres. Poupoule est épuisée et nous aussi. Nous avons fait 300 km en quelques 7 heures de route… l’horreur…

Le site est cependant assez sympa, comme nous sommes sur place, nous pouvons visiter tôt. Nous sommes peu nombreux à avoir fait le déplacement, donc le site est un peu que pour nous. Il n’y a pas vraiment d’explication sur ce que c’est, quand a-t-il été découvert… Les explications iraniennes sont plutôt : « vous marchez actuellement sur un escalier de 14 marches, qui font toutes 8,5 cm de hauteur »… On s’attendrait plutôt à « cet escalier a été foulé par l’empereur X en XX avant ou après JC »… Mais non, ici on décrit textuellement les éléments sans porter à la connaissance des touristes leur intérêt et leur histoire. Finalement, on s’invente une histoire nous même, en jouant des rôles avec les enfants, espérons qu’ils garderont quelques souvenirs. En tout cas, ça les fait marrer, et ils oublient vite la route galère de la veille…. Ne se doutant pas qu’on va leur refaire le même plan le jour même, avec une surprise en plus…

Nous votons tous pour aller visiter Ali Sadr Cave, à quelques dizaines kilomètres de là. La route se passe pas mal du début, elle est de meilleure qualité que la veille…. C’était sans compter sur la gestion en dilettante de la carte qu’Amélie faisait ce jour-là. A un carrefour après avoir fait le plein d’essence, nous décidons de prendre un auto-stoppeur… Il s’appelle Ali et est étudiant en génie civil. C’est assez courant en Iran de prendre des auto-stoppeurs, nous l’avions fait en Turquie donc allons-y, ça nous donnera l’occasion de discuter. Après une quarantaine de kilomètres, Amélie se rend compte que ce n’est pas la bonne route, enfin c’est la bonne pour Ali qui ne va pas au même endroit que nous, mais si nous continuons sur cette voie, nous faisons un détour de 80 km… et là, des bornes, on n’en peut plus….

On essaye de lui expliquer que nous allons « couper à travers champs » pour rejoindre notre bonne route et là, la tension s’installe entre tous… Amélie qui stresse de s’être gourée et son Maps qui lui fait défaut, Fred qui conduit mais qui en a ‘ras-sa-casquette’, Ali qui nous supplie de ne pas faire demi-tour…, les enfants qui se demandent un peu ce qui se passe, on vous laisse imaginer l’ambiance…

On prend la décision de prendre un chemin de traverse… GoogleMaps ne faisant pas trop la différence entre une route et un chemin de terre… On se lance, et au bout de quelques centaines de mètres, comme on ne peut pas faire demi-tour, nous voilà obligés de continuer – sur encore 3 km -. On ne pensait pas faire du 4×4 avec Poupoule, mais là, on lui fait vivre pire que ça. On lui fait vivre une étape du Paris-Dakar : passage de gué, sable, terre, côte à 40 degrés… Le silence s’installe dans Poupoule jusqu’à ce qu’on arrive par miracle dans un village, enfin dans un endroit avec des maisons. Un mec en moto débarque, nous demande où on va ‘en farsi’, Ali doit lui expliquer qu’on est des dingues tellement il a blêmi à chaque passage compliqué. Mais l’histoire se finit bien car le fermier nous emmène sur la bonne route, nous déposons Ali au prochain grand carrefour, il continuera certainement plus sereinement sans nous… et nous débarquons à Ali Sadr pour passer la soirée et voir la splendide grotte le lendemain matin.

La journée ayant été éprouvante pour tous, nous trouvons réconfort dans la « EFES et la BAVARIA sans alcool » et dans des chips frites qui nous rappellent la France… Allez, une bonne nuit avant la grotte. Nous avons hâte, il y fera 16 degrés… on a vraiment hâte car il fait chaud, et ça nous rend un peu irritables… Le frais calmera tout le monde.

La grotte visitée, tout le monde rafraîchi, nous prenons la route vers Téhéran. Nous avons la chance d’y retrouver Nassrine et ses enfants que nous avons rencontré dans le métro à Istanbul le soir de la finale de la Coupe du Monde. A Téhéran, nous avons aussi envie et besoin de recharger les batteries, toutes les batteries… ce sera donc à l’hôtel que nous élirons domicile, même si la ville est tout à fait adaptée pour les nomades que nous sommes. Les enfants ont envie d’avoir chacun un lit, on les comprends, et nous d’avoir un peu d’intimité. Sans compter que nous rêvons tous d’une piscine. Nous nous sommes baignés tous les jours depuis le départ, ici, c’est plus compliqué.

Iran cell phone 1

Pour la première soirée, nous irons dans le quartier de la Tour Milad, avec la montée en haut de la tour pour voir la ville de nuit, puis le rendez-vous est pris le lundi matin pour revoir Aylar et son frère Shahreyar. Ils seront nos guides pour la journée. Nous visitons avec eux Golestan Palace, ainsi que le Bazaar de Téhéran où Nassrine et Hassan ont une échoppe de sous-vêtements. Entre temps, nous faisons notre paperasse auprès de l’Ambassade du Vietnam pour assurer la possibilité de circuler avec son propre véhicule là-bas et nous en faisons de même avec l’Ambassade de Thaïlande. C’est assez étonnant de se balader d’ambassade en ambassade, non seulement parce que nous sommes hyper bien reçus, avec un contact avec le Consul ou ses conseillers à chaque fois. On n’imagine pas cela en France tant nous croulons sous l’administratif. Là tout paraît assez accessible. Nous avons l’image d’un Iran fermé mais il y a 141 ambassades à Téhéran, certes les Etats Unis n’y sont plus depuis presque 40 ans, mais le monde diplomatique peut tourner sans les USA.

Le soir, nous sommes invités à diner chez Nassrine et sa famille. Généralement, pour un dîner, on apporte quelque chose, mais bon, là, Poupoule est loin, Amélie n’a pas la possibilité de cuisiner et quoi offrir ? En partant en taxi, on tombe sur des marchands de fleurs ambulants, ils sont là au feu, attendant le chaland. La bonne aubaine, nous arriverons donc avec un superbe bouquet de roses, et nos traditionnelles Tour Eiffel. La ‘Paris Touch’ fait toujours son effet.

Nous passons une excellente soirée, non seulement parce que tout le monde parle anglais donc la communication est fluide, mais aussi parce que les sujets de conversation sont hyper intéressants, hyper ouverts. On commente le White Wednesday, on évoque la possibilité ou non qu’auront les enfants de Nassrine d’aller étudier à l’étranger, on parle des acquis sociaux de chaque pays, on se rend compte qu’en Iran, il y en a aussi pas mal. On parle de la place des femmes dans la société, de ce dont on rêve pour nos enfants quand ils seront grands. Leur famille voyage, peu d’Iraniens que nous avons rencontré sont sortis d’Iran. Ils connaissent Istanbul, Dubaï, nous échangeons alors des lieux visités ou à visiter. On évitera cependant la politique parce que ce n’est pas trop le sujet et on ne s’y connait pas assez pour commenter ou argumenter.

En revanche, on se rappelle de nos premiers souvenirs de l’Iran, quand nous étions gamins et qu’on entendait parler de la guerre Iran/Irak. Les combats étaient non loin de Tabriz, la ville dont sont originaires nos hôtes. Ils n’ont perdu personne à l’époque mais le souvenir des bombardements est encore assez présent. Nous ne voyons pas la soirée passer, nous nous quittons vers 1h du matin après avoir dégusté des plats typiques que Nassrine avait cuisiné pour nous. Hassan, son époux nous reconduit en voiture sans sourciller, ça lui fera un aller-retour de plus d’une heure, mais une fois encore, nous noterons leur gentillesse et leur bienveillance.

Le lendemain, nous n’avons pas vraiment de programme, donc nous déambulons, visitons le métro… y commettons quelques impairs – rien de grave au demeurant –… et nous nous dirigeons vers le musée de l’anti-arrogance…

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Savez-vous ce que cela peut bien être ? C’est tout simplement l’ex-Ambassade des Etats Unis, celle qui a été prise d’assaut en 1979, celle dans laquelle des otages américains sont restés 444 jours en captivité.

Ce lieu nous intéresse et nous attire terriblement. Ce qui nous plait, c’est d’avoir l’autre partie de l’histoire, l’envers du décor… et nous ne serons pas déçus. Les lieux sont restés pour la plupart à l’identique, notamment la ‘war room’, les matériels de codage-décodage, les reliques de documents brulés ou broyés… On y voit quelques photos d’époque, surtout des photos qui montrent que les otages ont été bien traités. On nous montre un petit film aussi, une animation qui explique que l’Iran est un gentil pays et que ce sont les autres pays les « pas sympas ».

Bref, on voulait voir comment les Iraniens évoquent cet épisode de l’Histoire et l’Histoire qui en découle… Nous ne sommes pas déçus, nous avons une idée précise de leur point de vue. Reste à démêler le vrai du faux de chaque partie en présence… Je pense que nous n’y arriverons jamais.

On déambulera ensuite un peu dans la ville, en rentrant à l’hôtel à pied. Et le soir, nous proposerons aux enfants de regarder « Nous Trois ou Rien » avec nous. Nous avions beaucoup aimé ce film à sa sortie, il raconte l’histoire certainement un peu romancée du père de l’humoriste Kheiron, et de son exil de l’Iran vers la France car il était opposé aux idées du Shah et déçu de la prise de pouvoir de Khomeiny. Certains diront que le film n’est pas adapté à un public jeune, nous pensons que pour que les enfants comprennent ce pays, il faut leur expliquer et le film est un super support pour nos échanges. Ils aimeront tellement que nous le regarderons encore une fois avant de partir. Et nous attendrons Dubaï pour télécharger la Bande Originale qui nous a beaucoup plu.

Nous disons « au revoir » à Téhéran le mercredi matin, direction Ispahan (Isfahan en farsi). Une petite halte à Kashan pour la vieille ville et un des plus beau et des plus vieux hammams du pays. Cette ville a eu un grand essor notamment car Kashan est la première des grandes oasis qui se trouvaient le long de la route entre Qom et Kerman, dans les déserts du centre de l’Iran. Son attrait est principalement dû au contraste entre les immensités des déserts et la verdure de cette oasis bien entretenue. C’est une jolie petite ville, bien entretenues avec un centre historique où toutes les maisons se visitent : un palais, une mosquée, un hammam… Une fois de plus, on cherche le frais… et nous sommes une fois de plus heureux de le trouver.

Ensuite, vient la route vers Ispahan, étape incontournable dans la 3eme ville du pays. Ispahan a été capitale de l’empire perse entre le XVIe siècle et le XVIIIe. La ville est bien irriguée et sa verdure offre un contraste bien particulier avec les étendues désertiques qui l’entourent. Les travaux entrepris sous le Shah Abbas faisant d’Ispahan une vitrine de l’architecture et de l’art extrêmement raffiné, font d’Ispahan un des joyaux du Moyen-Orient. Nous visiterons la Mosquée du Shah, et la mosquée du vendredi. Nous errerons seuls dans les ruelles du bazaar déserté pour jour de prière.

Nous nous laisserons aller à la rêverie sur la place de l’Imam, ou place du Shah selon qui la nomme… C’est une des plus grandes du monde, 500 mètres de long sur 160 mètres de large. Les abords de la place sont bordés par des échoppes, la Mosquée du Shah fait face au bazar ; et la petite mosquée (celle du Sheik) fait face au palais Ali Qapu. La ville est bien agréable, nous y resterons 3 jours… et n’avons pour autant pas tout fait !

A Ispahan, nous sommes sommes aussi happés par un – littéralement – marchand de tapis francophone. Nous avons beau lui dire que nous ne lui achèterons rien, il nous fait l’article et explique aux enfants (et par la même occasion à nous aussi) comment se fabriquent les tapis. Comment on fait la différence entre un tapis fait main et un tapis industriel. Louison lève la main, pose des questions donc il continue. On rappelle quand -même vite- fait qu’on ne lui achètera rien, que nous n’avons pas la place… Les enfants disent pourtant en cœur « mais si Maman, on a la place à la maison. Et puis un tapis, ça sert toujours »… Donc, on sort les rames pour se justifier encore, histoire de ne pas rester coincés dans sa boutique. Nous aurons donc la leçon complète, quelles tribus font quels types de tapis, nous aurons la différence entre les tapis utilitaires (pour la prière) et les tapis d’apparat. Après avoir vu le tissage à Téhéran, nous sommes contents de la démonstration qui nous est faite. Nous repartirons les mains vides, comme prévu, on a tenu bon !

Ispahan nous a offert de beaux monuments, du bon temps. Nous décidons maintenant d’aller nous frotter au désert. Nous faisons route vers Yazd non sans s’arrêter en chemin dans un champ de dunes. Nous arrivons en soirée, le soleil est déjà couché. On nous indique un camp de base … C’est moins glamour que ce que nous anticipions. En effet, des quads à pleine balle dans les dunes, des locaux qui mettent la musique à fond… On est bien loin de notre envie de lever de soleil authentique.

Nous décidons quand même de nous lever à l’aube, d’escalader une des dunes et d’attendre que le soleil pointe le bout de son nez. La magie opère toujours autant… Amélie descend assez vite quand le reste de la famille va explorer un peu les lieux. Les enfants sont émerveillés, heureux comme des papes de dévaler les dunes en courant. Après une bonne heure de balade, retour à Poupoule pour le petit déjeuner et la préparation de la route vers Yazd.

Yazd nous attire autant qu’elle nous inquiète. C’est une ville très chaude, aux portes du désert. La vielle ville est simple, basse, donc il n’y a pas d’ombre. Ce ne sont que des ruelles ponctuées de portes en fer… Aucune vision sur les maisons, le tout est assez impersonnel. On se baladerait pendant des heures sans jamais passer deux fois devant la même maison, ni sans même croiser un seul passant.

Yazd est connue pour ses Badgir, ses tours à vent qui sont assez jolies sur les maisons. Le vent s’engouffre dans celles-ci, il est ensuite conduit non loin d’un bassin d’eau froide, puis redistribué dans la maison. Ce sont des climatiseurs anciens, naturels, écologiques. Chaque maison est dotée d’un badgir et à la nuit tombée quand on a la chance de monter sur un toit pour admirer la vue, on les voit tous éclairés par les lumières des mosquées. C’est très très joli.

A Yazd, nous visitons aussi le musée de l’eau. Oui, dans le désert, c’est assez cocasse, mais c’est très intéressant. Le musée explique comment les habitants de Yazd ont creusé des puits et des conduits entre les maisons pour que tout le monde soit approvisionné en eau. Les conduits ont été majoritairement creusés par des enfants, et ils sillonnent toute la ville parfois à 7 ou 8 mètres de profondeur.

Il y a aussi des réservoirs à eau, dont le plus grand que nous visitons en fin d’après-midi. Nous avons du coup l’occasion d’assister à une démonstration de force. Des hommes de tous âges qui répètent en cœur des chorégraphies avec des agrès. Puis vient le moment des pompes, puis celui des tourniquets. Nous sommes carrément au spectacle, c’est vraiment sympa. A la fin du show, on en oublierait de descendre pour aller voir le réservoir, ce qui était pourtant l’objet initial de notre visite.

Notre dernière soirée à Yazd se fera dans le désert, à 10 km seulement de la ville.

Il nous reste une étape importante et incontournable : Persepolis. Depuis Yazd, c’est une journée de route, sous un soleil de plomb. Toute la route, nous nous demandons comment les perses faisaient à l’époque pour traverser ces contrées. Traverser à pied de longues étendues sous une chaleur assommante. La route est en fait une ligne toute droite sur un plateau à plus de 2000 mètres d’altitude. Poupoule souffre, les cols sont difficiles à passer et nous n’avons pas beaucoup de points de chute pour nous reposer un peu et pour prendre le frais. Nous arriverons en soirée à Persepolis. On nous conseille le parking du site pour la nuit, nous refusons non seulement parce qu’il est super cher, mais en plus il est en plein soleil. Or, avec une journée de route, on espère se réveiller un peu au frais. On trouve finalement refuge en proche forêt, non sans avoir passé une heure à expliquer aux locaux qu’on souhaitait rester là et qu’on se sentait en sécurité. La bienveillance iranienne ce soir-là a été à la limite de l’ingérence, ce qui nous a quelque peu contrariés.

Au petit matin, nous nous mettons en route pour le site, quand bien même nous nous sommes levés tôt, la chaleur est encore une fois assommante et sur le site, aucune ombre possible. Les guides nous ont prévenus, c’est bien de prendre un guide pour avoir toute la mesure du lieu. Dans les faits, pourquoi pas, mais un guide anglophone, c’est encore perdre les enfants dans des explications assez compliquée pour eux. Et comme les guides décrivent la hauteur des marches et tous les détails… Ça peut être un peu long… pour tout le monde. On louera donc des lunettes, à nous Persepolis en 3D!

Nous quittons le site à l’heure du déjeuner en direction de Chiraz, la grande ville à proximité. Nous sommes la veille de l’Aïd et nous nous disons que visiter la ville quand tout est calme, ce sera plus sympa. A notre arrivée, nous nous orientons vers un resto qui offre pas mal d’avantages : la nourriture sera internationale donc un peu plus variée, les sanitaires ne seront pas de type « turc », il fera frais et il y aura du Wifi. Youpi!
Nous avons en effet besoin de prévoir la suite, notamment glaner quelques renseignements pour le ferry que nous devons prendre en fin de semaine, nous devons aussi terminer de télécharger quelques films. Pour les bouquins et le blog, on attendra Dubaï car même une mise à jour de liseuse, c’est interdit…

On en profite aussi pour amener les filles chez le coiffeur, bon, ce n’est pas un franc succès. La coupe sur cheveux secs, un téléphone portable à la main et sans miroir… Finalement, Amélie dans le désert avait mieux réussi. Si parmi nos lecteurs il y a une coiffeuse, allez-vous installer en Iran, vous ferez un malheur. Ils ne savent pas couper les cheveux, mais pas du tout. Et ce sont nos deux poulettes qui en feront les frais.

Le soir, on regarde Coco en famille dans Poupoule, les enfants sont aux anges… ils sont alors de bonne composition pour prévoir la journée du lendemain.

Mercredi 22 Août, Aïd… qui dit Aïd, dit fête de famille pour les Iraniens. Nous avions déjà vu la veille sur les routes des étals de chèvres et moutons, la fête se préparait. Nous partons visiter la ville, avec comme à l’accoutumée la mosquée en premier lieu. Nous pensons visiter la mosquée rose, autrement dit Mosquée Nasir-ol-Molk, mais nous nous égarons et entrons dans une mosquée traditionnelle. Les filles sont habillées avec une abaya, séparées des garçons et chacun de son côté fait son tour au milieu des fidèles. Les femmes nous guident, nous montrent comment se comporter avec beaucoup de sourire. Elles nous intègrent à leur culte quand bien même nous ne sommes pas musulmans. Le 22 Août, c’est l’anniversaire du décès du papa d’Amélie, les filles y sont donc de leur sourire et de leur soutien à leur maman… Puis d’autres femmes arrivent et les encerclent… Unies dans la prière et le recueillement… un joli moment.
Une fois les émotions passées, nous cheminons en famille dans le vieux Chiraz, nous qui pensions voir une ville morte car c’est férié, nous nous retrouvons dans une ville hyper animée. Apparemment les fêtes de famille, ce sera plutôt ce soir. Les filles sont assez dégoutées de voir un poulet égorgé au milieu de la rue, vient alors l’explication du rituel, l’histoire de l’Aïd, le sacrifice, le fait de cuisiner pour partager ensuite et rendre grâce. Finalement, quand on explique, ça passe mieux. Bon, elles demanderont quand même où on va déjeuner ce midi, ça les inquiète un tout petit peu tout ça.. Nous arrivons finalement à cette belle mosquée rose, un peu tard pour en savourer toute la beauté mais ravis de ce que nous y trouvons. Cette mosquée a la particularité d’avoir des vitraux hyper colorés et le soleil au petit matin éclaire ces vitraux qui illuminent la salle de prière.

Nous visitons ensuite l’équivalent du cloître avec un atelier de réfection de mosaïques. Deux jeunes filles expliquent leurs travaux, de la calligraphie à la peinture, jusqu’à la cuisson et aux collages. Les filles sont bluffées de leur coup de crayon à l’encre de Chine, c’est effectivement très beau. Dans le bassin au centre, des poissons, de l’eau fraîche… Encore une fois, et pour la dernière fois du voyage, nous sommes séduits par ces lieux d’accueil, où l’on se repose, où l’on se recueille, où l’on prie.

Iran - Persepolis - Chiraz - Bandar Abbas 50

La grosse déception d’Amélie sera de ne pas avoir fait l’Aïd avec une famille… nous nous mêlons moins à la foule que dans le Nord, et donc nous faisons moins de rencontre.

La fin du voyage en Iran approche, nous avons fait tous les sites incontournables ou presque, il est temps de penser à l’étape d’après. Nous savons que la majeure partie des administrations est fermée cette semaine, nous savons aussi que le bateau pour Dubaï part samedi soir – soit dans 3 jours -, nous prenons donc la route pour Bandar Abbas, notre dernière étape. Nous filons un peu vite mais ne souhaitons pas perdre le créneau de la traversée qui nous mettrait en situation délicate (en rush) à Dubaï. Notre dernière transhumance durera 7 heures pour quelques 500 km. On arrivera à Bandar-Abbas épuisés, le thermomètre indique 40 degrés et il est 22h30… Poupoule nous fait des blagues d’embrayage… Il est grand temps pour tout le monde de s’arrêter… La question de dormir dans Poupoule ne se posera pas longtemps, Impossible… Bandar Abbas, c’est 80 % d’humidité tout le temps. Les Iraniens nous avaient prévenus que ce serait dur… Là, c’est au-delà de nos forces à tous. On file donc à l’hôtel pour les 2/3 nuits qui nous restent, histoire de se poser, de faire les lessives, de prendre le temps de gérer l’administratif… et aussi pour la clim !

Une fois le gîte trouvé, on se prépare pour la journée marathon du lendemain. On remercie la communauté des voyageurs qui ont fait la traversée avant nous, nous trouvons tous les renseignements assez facilement pour avoir le bon building, et presque le bon bureau! La paperasse se fera assez vite au final, le rendez-vous est pris au port dans deux jours.
Il nous reste une journée à passer dans cet enfer climatique, nous déciderons de le passer sur l’Ile d’Ormouz, à une heure de bateau. Les enfants sont ravis, ils peuvent enfin se baigner dans la mer.

Samedi 25 Août, c’est fini. Après 3 superbes semaines, nous quittons l’Iran en direction de Dubaï.

 

Pour ceux et celles qui se posent la question de venir un jour en Iran, nous ne pouvons que vous conseiller de venir… Et d’essayer de venir hors des circuits organisés car le pays est très sécurisé. Les Iraniens sont vraiment adorables, accueillants et bienveillants… Et au bout de quelques heures, vous vous sentirez comme chez vous.
Si vous souhaitez profiter pleinement du pays, venez à mi-saison, vous aurez l’occasion de venir dans le désert de Lüt (le point le plus chaud et le plus sec au Monde), ou de faire un peu de ski aux alentours de Téhéran.

A celles qui s’inquiètent de devoir porter un voile : ça fait partie du voyage. Jamais Amélie ne l’a vécu comme une contrainte… Ah si, soyons honnête, quand le matin il faut faire le tour du CC, ou quand il faut sortir pour faire le plein d’essence… Devoir s’habiller à la 6-4-2, c’est un peu casse pied, mais comme pour tout, on s’y fait.
Le voile peut être un accessoire de mode. Il en existe des milliers, un pour chaque jour, pour chaque tenue. Si c’était une obligation quotidienne, la danse ne serait pas la même, mais en tant que visiteur, il a été facile à porter, à tel point que sortir découverte par mégarde mettait Amélie mal à l’aise assez vite.

Nous avons adoré le voyage dans le temps, notamment au niveau des automobiles. Si tu es collectionneur Peugeot, viens ici, la 405 GLX a encore de beaux jours devant elle.

Teheran 2

Nous avons en outre été, comme en Turquie, déçus de voir de beaux paysages gâchés par autant de déchets.

Nous avons plus qu’apprécié l’accueil que nous ont réservé les Iraniens, et à ce titre, nous souhaitons remercier chaleureusement celles et ceux qui nous ont ouvert leur porte, nous espérons Inch’Allah pouvoir en faire de même un jour : Saber, Atefe, Mehdi, Goli et Parva et toute la famille, Nassrine – Aylar – Shahreyar et Hassan, Rosita et Hamid. 

Teheran 86

Khoda Hafez Iran!
ما شما را دوست داشتیم، ما دوباره به دیدن شما خواهیم بود!

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