Cambodge, Pays du sourire

 

Notre poupoule ayant été plus rapide que prévu sur son cargo, nous sommes arrivés en hâte au Cambodge, par un vol de nuit (on adore ça) et via une escale à Kuala Lumpur.

On en a profité pour avancer un peu sur les cours, l’avion est toujours bien propice pour cela.

 

Premiers pas sur le sol cambodgien, nous faisons toutes les formalités pour le Visa, cela va relativement vite, cependant quand nous arrivons aux bagages, le tapis roulant ne roule plus et il ne reste que deux sacs à dos posés par terre. Dommage, en quittant New Delhi, nous en avions trois. Celui qui manque est forcément très important, c’est celui de Fred. Il contient toutes ses affaires et les clés des antivols de Poupoule et celles de Poupoule. Nous qui avions prévu le trajet dans l’après-midi pour aller rejoindre notre Poulette, nous devrons attendre le vol du lendemain. On vous passe la déclaration de perte de bagages auprès de la compagnie – épique -.

Nous voilà donc bloqués à Phnom Penh pour au moins 24h… finalement, ce sera 96h car le bagage ne nous rejoint que 3 jours plus tard ! Nous profitons de nous promener un peu en ville, sur les quais et prenons le temps de faire connaissance avec les us de ce nouveau pays.

Une fois le bagage livré, nous prenons la route en van pour Sihanoukville, le port de fret maritime au sud du pays. 5h de van pour 160 km, cela nous paraît le bout du monde. La route est totalement défoncée, ça n’augure rien de bien pour les semaines à venir. Le Cambodge a vécu une saison des pluies assez intense, les champs sont détrempés. Cette route est celle empruntée par les routiers, nous avons des nids de poule tous les dix mètres, c’est assez fatiguant. Nous tenons le choc en espérant retrouver notre poulette et redormir un peu chez nous. Cela fait un mois que nous l’avons quittée, elle nous manque beaucoup.

A Sihanoukville, nous logeons sur une des plages prétendues paradisiaques… Otres Beach… Bon, elle devait être paradisiaque dans le temps, parce que là franchement, nous sommes un peu déçus, la plage est très très crado… Cependant, les couchers de soleil sur la mer ont toujours quelque chose de magique et d’envoûtant… non?

 

En fait, entre nos guides papiers et la réalité, il y a un monde… En effet, la région de Sihanoukville connaît de grands changements depuis quelques années avec l’arrivée massive des Chinois et de leurs capitaux. A Sihanoukville, pas moins de 40 casinos sont en construction, et à Otres (la plage paradisiaque), le plus gros casino du Monde va sortir de terre dans les mois qui viennent.

La ville est un immense chantier, les rues sont défoncées par les engins, aucun assainissement, ni aucune collecte des déchets, on a l’impression de circuler dans une décharge. Les Chinois ont envahi la ville et nombre de Khmers sont envoyés en proche périphérie, dans des conditions peu salubres. En cherchant à faire quelques courses, Amélie a même été renvoyée d’un supermarché, on lui a dit qu’il n’y avait rien pour elle ici… Ambiance, ambiance….

Bon, nous savons déjà que nous sommes là pour sortir notre Poupoule du port, donc on fait contre mauvaise fortune bon cœur, on prévoit la sortie du port assez rapidement et on s’en va.

Grâce à des voyageurs passés avant nous pour une sortie de véhicule (Vents contraires, les A-Van-tures d’Aubin et Hélène), nous savons où nous présenter pour faire toutes les formalités. Nous débarquons donc à 5, avec nos sacs à dos, et les cartables de classe au cas où ça dure dans l’immeuble des douanes au port, pensant repartir dans quelques heures au volant de notre bolide.

Bon, c’était sans compter sur la loi cambodgienne que les douanes ont décidé d’appliquer… Nous avions lu vaguement avant de partir qu’il fallait un permis pour circuler au Cambodge mais personne ne l’avait vraiment utilisé… Nous, un peu naïfs, pensions que ce permis était juste là pour faire joli mais que personne ne s’en servait vraiment. Finalement, le permis est bel et bien nécessaire, voire obligatoire… C’est la grosse douche froide parce que le permis se fait au Ministère du Tourisme à Phnom Penh… Nous devons donc retourner à Phnom Penh pour ce maudit permis. Re-douche froide dans la foulée, le douanier nous explique que cela prend entre 5 et 7 jours, et nous confirme qu’avec les jours fériés de la semaine suivante, ça peut encore allonger la durée.

Douche froide sur douche froide, nous sommes à deux doigts de craquer, non seulement parce que Phnom Penh, on en vient… On a quand même « moulé » là-bas 3 jours en attendant un bagage, si on avait su, on aurait fait les démarches pendant ce temps. L’autre élément qui nous met en rogne est que l’agent cambodgien qui devait s’occuper de nous à l’arrivée du bateau nous l’a fait à l’envers. Nous savions avant lui que notre bateau était au port, et concrètement il nous demandait 800 dollars pour faire la paperasse… nous l’avons envoyé paître pensant que nous irions plus vite seuls et ça s’est avéré vrai par la suite.

Le douanier nous voyant dépité, il nous propose d’aller voir Poupoule, nous nous assurons ainsi qu’elle est en bon état ; et qu’elle peut attendre encore quelques jours au port que nos démarches soient complétées. La voir nous redonne à tous le sourire et nous donne l’énergie de retourner à Phnom Penh pour faire les démarches en un temps record.

 

On ne vous détaille pas le tout ; si vous allez un jour au Cambodge avec un véhicule, on partagera nos trucs, mais sachez que nous ne sommes pas peu fiers d’avoir réussi le boulot d’un agent de commerce cambodgien en 48h, gratuitement ou presque. Nous avons « occupé le terrain » comme diraient les enfants ! Nous avons fait le tour des administrations en famille, nous avons fait classe dans un bureau du Ministère du Tourisme, dans le couloir des douanes et aussi dans le lobby de l’entreprise de logistique. Généralement, pour le fret, ce ne sont que des agents qui arpentent les administrations, alors là, quand ils ont vu débarquer des occidentaux, en famille, ils étaient tellement étonnés qu’ils nous ont fait passer devant tout le monde. Au final, les administrations – bien qu’étant un peu rigides – nous ont beaucoup aidé, avec le sourire et l’envie de nous satisfaire…

Une fois les sésames obtenus, Fred a pris un bus de nuit pour rejoindre le port et sortir Poupoule de  la zone de transit avant les vacances cambodgiennes. Il aura eu ainsi le temps de remettre notre monture en route avant l’arrivée d’Amélie et des enfants le lendemain.

Voilà une semaine que nous sommes au Cambodge, nous n’avons encore rien vu. Comme départ dans un pays, il y a mieux ! Toute l’équipe réunie, on prévoit la suite depuis un bivouac en bord de mer. Notre trajet prend forme, ce sera Kampot et Kep dans un premier temps, ce n’est pas très loin et pour la suite, on verra au gré des envies et des rencontres.

Avant de partir, nous décidons quand même de profiter de la côte en faisant une petite journée snorkeling. Nous embarquons avec des touristes cette fois-ci. Nous visitons deux spots sympa, chacun prend ses marques avec palmes et tubas. Nous nous arrêterons pour déjeuner sur une très jolie plage… de loin… sable blanc et cocotiers, mais quand nous nous approchons, nous sommes vite déçus. La plage est le lieu de tous les pique-niques et autres barbecues des bateaux. Nous devons nous en prendre à nous même, au final nous venons ajouter aux déchets existants ceux de notre propre déjeuner. Une poubelle déjà pleine pour 8 bateaux, et on ne sait même pas quand et comment celle ci sera jetée. Avec ce que nous avons vu les derniers jours sur la côte, nous sommes vraiment dépités.
Au milieu des touristes majoritairement chinois, les enfants sont des stars. Non seulement ils savent nager, ils plongent du bateau et en plus ils osent sauter depuis le gros rocher à 6m de haut. Seule Louison rebroussera chemin une fois en haut, mais déjà l’ascension en cordée à 7 ans nous impressionne tous.

 

Nous prenons donc la route vers Kampot et sommes attirés au Nord par le parc de Bokor. La montagne est imposante, nous nous disons qu’il doit y faire frais. Cela nous fera le plus grand bien pour la nuit. Nous grimpons donc la route du Parc National, à la recherche d’un endroit pour poser Poupoule au calme, loin des karaokés. La nuit tombe, nous nous garons sur un parking public, avec jolie vue sur la mer et sur l’orage qui gronde au loin. Nous n’avons même pas le temps de retourner les fauteuils qu’un ranger cambodgien nous intime de changer de lieu. Nous faisons mine de ne pas comprendre donc il repart pour revenir 20 mn plus tard avec son boss qui nous explique en anglais que le parking n’est pas ‘safe’ et que nous devons monter en haut de la montagne pour nous mettre sur un parking surveillé. La tuile, il nous reste donc 22 km à parcourir de nuit, pour trouver le bel endroit pour la nuit. En arrivant en haut de la montagne, quelle ne fut pas notre surprise d’y trouver un casino avec un parking démentiel et des touristes chinois qui campent à même le parking. Tout ça sous des projecteurs XXL avec bien entendu la musique à fond. Niveau intimité et calme, nous sommes servis ! Heureusement que nous trouvons à quelques kilomètres de là l’ancienne station météo, transformée depuis en hôtel 5 étoiles – le Bokor Palace. Là-bas, c’est calme, loin de tout, nous pouvons enfin nous poser. Encore une fois la journée a été beaucoup plus longue que prévue en terme de route, nous sommes ravis de nous reposer un peu. Et il fait frais, nous mettons une petite laine, cela nous était pas arrivé depuis très très longtemps, on se surprend à dire que cela nous fait du bien !

Le lendemain, nous redescendons la montagne sous la brume en direction de Kampot. Nous sommes dans la semaine des morts, et donc les Cambodgiens viennent aux temples pour vénérer les leurs, et ils font des offrandes pour les anciens. Auprès de la grande statue de Buddah, des dizaines de Cambodgiens déposent des offrandes, les moines les remisent… et ce sont les singes ‘voleurs’ cachés derrière la statue qui en profitent.

 

 

L’arrivée à Kampot est plutôt cool, la ville est bien connue des étrangers, nous en voyons à tous les coins de rue, que ce soient des touristes, des expats ou des occidentaux qui ont échoué là. Oui, oui, on dit « échoués » car certains ne sont pas très beaux à voir, un peu usés par une vie de bohème sous le soleil bien loin de la métropole. Pour certains, on pense qu’ils ont 70 ans quand ils en ont à peine 45… Sur recommandation d’un anglais rencontré au détour d’une rue, nous déjeunons chez Captain Shrim. Le déjeuner est délicieux, le lieu propice pour faire l’école… C’est avec lui que nous ferons une croisière à la tombée de la nuit pour aller voir les habitations flottantes en bord de fleuve, mais surtout les lucioles.

 

Initialement, nous avions fait la route vers Kampot afin d’aller visiter La Plantation, et nous avons été plus que ravis de nos deux jours sur place.

Nous prenons ensuite la route vers Kep, station balnéaire au sud de Kampot. La station est connue notamment pour son crabe. Nous ne nous laisserons pas tenté car nous le trouvons hors de prix, et les conditions de dégustation ne nous font absolument pas envie. Certes nous pouvons être dans des hamacs au bord de l’eau, mais tout est sale et nous ne nous voyons pas rester.
Nous décidons donc de profiter de l’autre point d’intérêt de Kep, à savoir la balade dans le parc national. Nous prenons le sentier pour 6 km, et nous ferons les 2 derniers à travers montagne (ie à travers champs) à la boussole. L’occasion de rencontrer quelques petites bêtes sympathiques.

Voilà, le Sud du Cambodge, c’est fait. Nous avons encore quelques semaines de voyage, donc nous décidons de partir dans le Nord Est, en direction du Ratanakiri, car nous espérons y faire des activités nature, de se perdre un peu en faisant un trek dans la jungle.

 

En route, nous nous arrêterons à Kratie, pour voir les dauphins de l’Irrawady, et c’est après deux jours de trajet que nous arrivons dans la région de Banlung. Poupoule a une fois de plus été une star pour passer dans des endroits improbables. On lui en fait voir, mais elle assure la Poulette !

On sent qu’elle va être à l’aise sur les terres rouges du Nord Cambodge. L’arrivée à Banlung se fait sereinement. Nous avions prévu de nous poser dans cette ville, du moins cette région pour quelques jours, dans un hôtel qui nous avait été chaudement recommandé par un Français à Phnom Penh. Finalement, en visitant l’hôtel, ce n’est pas le coup de cœur, nous nous ravisons. Sauf que, c’est l’heure du déjeuner, et que nos ouailles ont faim. Un petit tour sur Trip Advisor s’impose pour trouver un bon restaurant pour rassasier tout le monde. Nous nous échouons donc chez Frank, au Banlung Balcony, et quel accueil ! Frank est français, il a vécu au Vietnam et a élu domicile il y a maintenant 3 ans à Banlung.
Joie extrême des parents, on va avoir des plans sympas pour visiter la région, c’est qu’il s’y connait ! Et joie plus qu’extrême des enfants, Frank est pizzaïolo en France, les pizzas paraissent démentes… et une fois que les assiettes seront terminées, il nous propose de bénéficier de la piscine. Que demander de plus ?
Nous réussissons entre temps à faire un brin d’école, puis quand les enfants trempent, nous avons bien le temps de discuter avec Frank des options qui s’offrent à nous pour les jours à venir. Nous nous laisserons tenter par deux activités : le Trek dans la jungle et la demi-journée avec les éléphants. Frank nous propose même de garder Poupoule garée sur son parking pendant que nous sommes en balade, parfois le hasard nous réserve de belles surprises. Nous acceptons, bien entendu !

Nous clôturons notre halte chez Frank par une soirée cuisine, avec un échange de recette entre Françaises et Cambodgiennes. L’épouse de Frank et les cuisinières apprendront à faire notre gâteau au citron, alors que les filles aideront à cuisiner notre dîner du soir.

Après 4 jours chez notre hôte que nous recommandons plus que chaudement, il est temps de prendre la route pour Siem Reap, afin de visiter les temples d’Angkor.

 

Le séjour touche bientôt à sa fin, nous aurons sillonné le pays dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, et nous avons le sentiment d’avoir eu un panel complet de ce que le Cambodge peut proposer. Dans nos autres pays visités, nous avons toujours eu une journée ou un soirée d’échanges avec des locaux, et pour le Cambodge, au long du périple, nous n’avons pas vraiment approfondi. C’est donc ce que nous souhaitons faire sur nos derniers jours, et nous sommes chanceux, nous avons deux super contacts pour faire plus ample connaissance avec des Cambodgiens.

A Kampot, nous avions fait la connaissance de Betty, et nous lui avions promis de venir la voir chez PSE (Pour un Sourire d’Enfant), nous ferons donc halte une journée et une nuit à l’association, l’occasion pour les enfants de jouer avec d’autres enfants. Et l’occasion pour nous de rencontrer Mamie, fondatrice de PSE qui avait fait un tour du Monde il y a 40 ans en famille.

Puis, grâce à Rosette, une bonne amie de Fred, nous avons la joie de passer une journée avec Prasnar – son cousin – et sa famille. Prasnar a fui comme beaucoup le Cambodge d’après la révolution khmère dans les années 70 alors qu’il était enfant, et il est arrivé avec sa maman en France au début des années 80. Il a toujours souhaité apprendre et pratiquer la langue de son pays, quand bien même il ne savait pas s’il aurait la possibilité de revenir un jour. Et puis, un jour, il est revenu et a décidé de s’établir au Cambodge, il a désormais une femme et deux filles de l’age des nôtres.  Nous devions rester pour le déjeuner, et puis nous sommes restés passer la nuit… Autant vous dire que nous avons passé un très bon moment. Les échanges ont été super enrichissants, sur l’Histoire du Cambodge, les Us et Coutumes, et les enjeux des années à venir.

Nous avons clôturé cette belle journée par un karaoké au cours duquel petites et grands ont donné de la voix. Et quand on chante, il n’y a plus de barrière de la langue.

Prasnar, si tu nous lis, nous te remercions pour ton hospitalité, pour la franchise avec laquelle tu nous as parlé de votre histoire, pour ce que tu nous as permis de comprendre sur ton pays. Nous aurions dû commencer notre périple par notre rencontre, nous aurions certainement été plus curieux sur le Cambodge…
Voyons le bon coté des choses, clôturer ce mois cambodgien avec toi nous a permis de partir du Cambodge sur une note plus que très chaleureuse. Et ce sont souvent les derniers moments qui restent ancrés dans les souvenirs. Merci.

 

Alors les Coqs, vous recommanderiez le Cambodge?

La première semaine du séjour – entre les docks, le plastique partout dans les rivières et sur les plages, les heures de bus/taxi sur les routes défoncées – ne nous a pas mis en condition pour avoir le « Wahou » du pays fraîchement découvert…
Il aura fallu des rencontres (Betty,Frank, Tin, Prasnar et les personnes de la Plantation), d’excellents repas (le LokLak et l’Amok… Miam), et nous étions finalement en route, avide d’aller plus loin, de nous perdre dans les campagnes. Ce que nous avons fait, et c’est finalement au Cambodge que nous aurons fait le plus d’activités en famille, nous nous sommes concentrés à être cinq. Et c’était vraiment bien!
On évoque nos souvenirs en ayant le sourire, c’est qu’au final, nous avons été conquis.

 

 

 

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